Loin d’être le diable incarné, les chaussures à plaque carbone ne vont pas à tout le monde.
Le seul problème actuel, associé en parallèle à des chaussures un peu plus maximalistes, c’est que l’on a beaucoup moins de chaussures conventionnelles dans les rayons. En clair : on manque de choix !
Les avantages notables du carbone
Si on conservait une ligne de produit par marque avec un ou plusieurs modèles aux dimensions plus classiques, tout le monde pourrait choisir.
A la lecture de l’article de Jérôme Sordello (LES CHAUSSURES MAXIMALISTES RÉDUISENT LES PRESSIONS PLANTAIRES), on sait que parmi les choses positives apportées par ces chaussures, c’est le fait de réduire la pression plantaire. En clair, ça tape un peu moins sous les pieds, laissant plus tranquille ses articulations et les problèmes nerveux qui quelques fois en découlent.
On a remarqué que les chaussures carbone, apportant dynamisme et légèreté, permettaient aussi d’économiser les chocs musculaires. De l’avis de nombreux témoignages, c’est ce qu’il en ressort.
Les athlètes de haut niveau préviennent toutefois qu’il faut aussi continuer de mettre des chaussures plus classiques pour conserver ses qualités de pied. On ne sait pas, par exemple, si la fracture de fatigue de Yann Schrub (bassin) n’est pas due au fait que ces chaussures permettent d’encaisser plus de kilomètres, et malgré tout, d’en abuser alors qu’en parallèle l’instablité qu’elles emmènent pouvait aussi solliciter un peu plus certaines zones.
Attention à ceux qui ont des pépins physiques
Un bon nombre d’entre nous court avec des semelles de correction. Voûte plantaire, métatarse, syndrome d’Haglund, tendinite d’Achille… Ces problèmes ne permettent pas de chausser des chaussures maximalistes ou carbone. Pourquoi ?
Déjà, un constat tout bête, c’est que les semelles des carbones sont souvent inamovibles ! Pas de semelles ortho, pas de correction. En plus, quand bien même on aurait la place de la rajouter, cela augmenterait encore plus la hauteur de semelle (stack) qui est déjà à 30 / 35 voir plus de 40 mm ! Hauteur + semelle intermédiaire tendre = instabilité !
De plus, la forme incurvée (« rocker ») déplace complètement les points de pression et invalide l’apport de la semelle. Pas sûr que les podologues puissent vous préparer une semelle ortho adaptée à un rocker.
Ceux qui sont en pronation naturelle, sans incidence sur leur physique, se voit la cheville tourner plus franchement à l’intérieur avec des semelles maximalistes. Souvent trop tendres, elles augmentent le mouvement du pied qui s’affaisse vers l’intérieur.
Si vous visez un marathon, actuellement, il faut passer sur du carbone ou alors sur un produit plus maximaliste. Si l’instabilité des produits ne vous convient pas, le choix des produits devient bien plus complexe.
Autre chose : certaines foulées, certains types d’appui ne vont tout simplement pas avec ces produits. Ou du moins, ils ne leur apportent rien de plus. La plaque, pour en bénéficier, il faut pouvoir la solliciter. Aujourd’hui, on vous persuade qu’il faut mettre cher, mais pour courir à 10 / 12 km/h sur des footings courts, ce n’est pas nécessaire.
Après, vous êtes libre de vous faire plaisir !
Il faudrait surtout être libre de choisir…
Par Mathieu BERTOS / Photo : Léo Zebulon

Laisser un commentaire