Si vous avez participé ou tout simplement assisté à une course, vous avez déjà surement vu ou entendu parler de meneur d’allure.
Sur les compétitions amateures, leur rôle est d’aider les coureurs à respecter une allure précise afin de réaliser le chrono visé. Chez les élites, c’est également le cas avec la possibilité en plus pour les athlètes de bénéficier du phénomène d’aspiration !
Aérodynamisme : quelques rappels
On vous en a déjà parlé sur u-Run (article ici), l’aérodynamisme peut être défini comme l’effet d’entrainement ou aspiration produit sur un corps en déplacement par la présence d’un autre corps en déplacement devant lui, par diminution de la masse d’air ou d’eau ; ce qui permet au second de bénéficier d’une moindre résistance des fluides présents dans l’environnement.
Parfois dénommée drafting, son nom anglais, il s’agit d’une technique souvent utilisée dans les sports où les vitesses sont élevées, à l’image du cyclisme, afin d’aller plus vite ou d’économiser son énergie pour une même vitesse.
Même si c’est dans une moindre mesure qu’en vélo, l’aérodynamisme peut être profitable pour les athlètes élite !
Quels gains espérer ?
Dès le début des années 70, une étude avait déjà démontré que le fait de courir 1 m derrière un autre coureur à 18 km/h diminuait de 80% la résistance du vent et de 6% la consommation d’oxygène pour un même effort.
Côté énergétique, profiter de l’aérodynamisme permet de diminuer le coût énergétique de la course d’environ 2% à 18 km/h et 4% à 21,6 km/h !
La taille du meneur d’allure en question
De nombreuses modélisations ont étudié le nombre et le positionnement des meneurs d’allure pour obtenir les meilleures bénéfices possibles grâce au phénomène d’aspiration. Cette fois, c’est l’influence de la morphologie des meneurs d’allure sur la traînée aérodynamique qui a été examinée*.
À l’aide de simulations numériques en 3D, diverses configurations de drafting ont été analysées à une vitesse de 21 km/h, avec un espacement de 1,2 m entre les coureurs. Les groupes modélisés comprenaient un marathonien d’élite « protégé » (1,80 m) et un ou deux meneurs d’allure de tailles différentes (1,70 m, 1,80 m et 1,90 m).
Les résultats ont révélé que les meneurs d’allure plus grands génèrent un sillage plus large ainsi qu’un champ de pression plus favorable pour les coureurs situés derrière eux. Plus précisément, par rapport à une course en solitaire, un coureur de 1,80 m placé entre deux meneurs d’allure de 1,90 m bénéficie d’une réduction maximale de la traînée de 61,6%, ce qui se traduit par une amélioration de 6,48% de l’économie de course et un gain de temps de 5 min 02 sec sur la distance du marathon selon les chercheurs.
Cette toute récente étude démontre que la réduction de la traînée dépend non seulement du positionnement, mais aussi de la morphologie des coureurs, et ouvre des perspectives prometteuses pour affiner les stratégies de course en peloton chez les athlètes d’élite.
Par Jérôme Sordello
*Beaumont, Kram, da Silva, Polidori. Inline aerodynamic drafting optimization in long-distance running: the effects of pacer body size on drag and performance. J Biomech. 2026

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