Alors que les championnats du monde indoor viennent de se dérouler à Torun en Pologne, la France revient avec une médaille : celle de Yann Schrub, médaillé de bronze sur le 10 000 m.
Un bilan mince, sur plus de 20 athlètes sélectionnés, mais plus relatif quant aux chances réelles de médailles avant l’épreuve : disons entre 4 et 7 médailles étaient possibles avec une bonne réussite.
Un bilan à modérer
Yann Schrub, 3è du 3000 m, n’avait pas prévu de s’aligner aux mondiaux, mais il a réfléchi après son record d’Europe du 10 km (26’43) à Castellon. C’est finalement lui qui ramène la seule médaille.
A un souffle près, il y aurait pu y avoir une médaille en bronze aussi sur le 1500, où Agathe Guillemot se voit priver d’une médaille pour quelques centièmes, battue d’un cheveu après avoir tout donné. Record de France à la clé, première française sous les 4 min en indoor (3’59″71).
Même chose pour Wilhem Belocian, 5è du 60 m haies sur une densité rarement vue : le premier est en 6″40, il est en 6″45 ! Dépassé sur les trois derniers obstacles, après avoir entrevu le podium.
Nous sommes donc à un souffle de 3 médailles. Avec Thibault Collet ou Marie-Julie Bonnin plus en réussite, nous serions à 5. Avec des SI, on refait le monde, certes. Mais la performance de haut niveau tient à ça.
Pas un véritable objectif…
C’est Jean Galfione qui est désormais responsable du haut niveau. Champion du monde de la perche en salle à Maebashi en 1999, ils sont seulement 12 français titrés en indoor au niveau mondial. La France n’est pas un pays d’athlétisme de tout premier plan, et en indoor encore moins.
Avec les France de cross tous proches, les épreuves sur route, et le questionnement permanent des athlètes et des coaches sur l’intérêt d’une saison en salle, cela fait beaucoup autour de l’indoor qui n’est pas privilégié. D’ailleurs, la saison indoor est plus un moyen qu’une finalité, et ça fait toute la différence dans le décompte final des médailles.
Le service public n’a attiré aussi que peu l’intérêt des spectateurs, avec des championnats du monde uniquement diffusés sur le site internet de France TV.
Il faut rappeler aussi que la fédération fait le maximum au moment où le sport n’est carrément pas une priorité pour le gouvernement.
Tout cela n’excuse pas les manquements possibles, mais montre juste qu’il faut élargir le spectre.
Les français sont bons sur route, sur marathon, ils sont les meilleurs en trail, parmi les meilleurs en triathlon et duathlon. Plusieurs athlètes de demi-fond étaient aux France de cross et vont viser les championnats d’Europe cet été. Certain(e)s iront aussi sur les championnats off-road.
L’athlétisme français n’a jamais été une nation de 1er rang mondial, et l’est encore moins en indoor. Le titre mondial sur 10 000 et le bronze sur 5000 m de Gressier étaient un événement immense, l’été dernier.
Qu’en penser ?
Doit-on se contenter d’en rester là ? Non, car toute nation espère démontrer son dynamisme et ses talents pour se mettre en avant.
Le sport, et encore moins l’athlétisme, ne sont un moyen poussé par notre gouvernement. Ce qui fait dire que pour ces résultats des mondiaux, par rapport à notre historique, ce ne sont pas des résultats « alarmants », ni pire qu’avant.
Si on se compare à d’autres nations, et uniquement dans le secteur de l’athlétisme, là, on ne peut pas dire que nous brillons. Mais difficile d’incriminer les athlètes ou les entraîneurs.
Par M.BERTOS / Photo Facebook FFA

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