La terre a tremblé à Londres. Dimanche dernier, dans la capitale anglaise, le mur des 2h a sauté.
Un peloton d’élites, armé de perfs dans leur cartouchière, sont venus se confronter sur le bitume.
Celui qui aura tiré le dernier, c’est Sabastian Sawe. 1h59’30 pour conclure une course super rapide. 21,19 km/h pour couvrir 42 km195. L’attraction terrestre est peut-être moins forte qu’avant, qui sait ?
Les chiffres ont parlé
Un passage en 1h00’29 laissait présager un chrono autour des 2h01, comme Kipchoge, Bekele, ou encore Kpitum. Mais ce groupe d’élite a changé de rythme du 30 au 40è km. 27’36 au 10 km sur cette portion, c’était dingue.
Et pour conclure, un 2è semi en 59’01. Plus rapide que le record de France. Et pourtant, on connait la qualité de nos athlètes. Gressier, Daguinos, ou Schrub iront courir 58’45, 58’25… à termes. Ou mieux…?
Enfin, ça reste incroyable.
Kejelcha, roi sans couronne
1h59’41 sur son premier marathon, et même pas vainqueur. Il s’est aussi fait battre sur le 10 000 des mondiaux.
- 3’31″25 au 1500 m
- 7’26″64 au 3000 m
- 12’38″95 au 5000 m
- 26’31″01 au 10 000 m
- 57’30 au semi
Et aucun titre en plein air…
Jacob Kiplimo en 2h00’28 bat lui aussi l’ancien record, mais on n’en parle pas.
2h15’41, record du monde sur une course entièrement féminine pour Tigst Assefa. Presque passé sous silence…
Nouveaux standards
Même les 1h59’40 d’Eliud Kipchoge lors du Breaking2 ne sont plus. Pas d’aide de voitures, de lièvres tel un vol en « V ». On court désormais le marathon à 21,1 km/h. Comme à une époque les 10s au 100 m, les 4 min au Mile (1609 m)… l’impossible est arrivé.
Il faut se rappeler Haile Gebrselassie, premier sous les 2h04 (2h03’59), qui possédait des bases de 26’22 sur 10 000 m. Qui est arrivé tard sur le marathon, avec ses chaussures à 220 gr. Maintenant, certaines chaussures font 95 gr, on mange 80 gr de glucides par heure, et on peut passer 28’35 au 10 km tout en continuant à accélérer.
C’est une folie depuis l’arrivée des carbones, du double seuil, du Gut training, de la musculation, de la récupération, de la nutrition, des connaissances sur le sommeil, et tant d’autres choses… seulement cela ? On l’espère…
En tout cas, difficile de croire qu’aujourd’hui, on court à 2’50 au kilomètre pendant 2h. Mais on progresse car on sait plus de choses, avec plus de précision. C’est fou. Londres, en plus, n’a pas toujours été le plus rapide. Berlin, Valence, et maintenant Londres. C’est le World Major numéro 1, si on parle performance, car New York ou Boston ont aussi une âme.
ET maintenant ?
Va-t-on pouvoir courir deux semi d’affilée en 59′ ? Les meilleurs coureurs actuels sont montés sur marathon.
On verra quand les Ingebritsen, Hocker, Gressier et autres monteront.
Par M.BERTOS / Photos : World Athletics


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