Lorsque les températures grimpent, les sensations à l’entraînement changent rapidement. Les sorties running paraissent plus difficiles, la fréquence cardiaque augmente et les performances diminuent. Mais pourquoi courir sous la chaleur est-il aussi exigeant pour l’organisme ?
Une récente étude apporte des éléments de réponse en montrant que la chaleur réduit la consommation maximale d’oxygène (VO2max) et modifie la façon dont notre corps utilise ses réserves énergétiques.
La thermorégulation : une priorité pour l’organisme
Tout repose sur un mécanisme essentiel : la thermorégulation.
Lorsque la température corporelle augmente pendant un effort, le corps active différents processus afin d’évacuer la chaleur produite. L’objectif est simple : maintenir une température interne aussi stable que possible.
Plus la température extérieure est élevée, plus ces mécanismes (transpiration, augmentation du débit sanguin vers la peau, accélération de la fréquence cardiaque…) sollicitent de l’énergie.
Cette dépense supplémentaire laisse alors moins de ressources disponibles pour la performance sportive.
Une étude compare les effets de la chaleur chez des coureurs et des personnes sédentaires
Des chercheurs ont comparé la consommation d’oxygène et l’utilisation des substrats énergétiques pendant un exercice réalisé dans deux environnements :
- Conditions tempérées : 18,7 °C (43 % d’humidité)
- Conditions chaudes : 34,4 °C (43 % d’humidité)
L’étude a été menée auprès de deux groupes :
- 10 personnes physiquement inactives ;
- 10 coureurs entraînés.
Chaque participant a réalisé un test d’effort progressif jusqu’à l’épuisement dans les deux conditions.
La chaleur réduit significativement la VO2max
Les résultats montrent une baisse importante de la consommation maximale d’oxygène (VO2max) lorsque l’exercice est réalisé dans un environnement chaud.
Les chercheurs ont observé une diminution de :
- 13,2 % chez les personnes inactives ;
- 15,2 % chez les coureurs entraînés.
Autrement dit, même les sportifs les plus entraînés voient leur capacité aérobie diminuer lorsque la température est élevée.
Courir sous la chaleur modifie aussi les carburants utilisés
L’étude montre également que la chaleur influence les substrats énergétiques utilisés pendant l’effort.
Les principaux résultats sont les suivants :
- une diminution de l’oxydation des lipides (graisses) chez les deux groupes ;
- une augmentation de l’utilisation des glucides uniquement chez les coureurs entraînés.
En pratique, cela signifie que courir sous de fortes chaleurs pousse davantage l’organisme à utiliser les réserves de glycogène, des stocks énergétiques plus limités que les réserves lipidiques.
Cette évolution peut favoriser une fatigue plus précoce lors des efforts prolongés.
Ce qu’il faut retenir
Cette étude confirme que la chaleur altère les capacités physiologiques, quel que soit le niveau d’entraînement.
En conditions chaudes :
- la VO2max diminue ;
- l’organisme utilise moins de graisses comme source d’énergie ;
- les coureurs entraînés sollicitent davantage leurs réserves en glucides ;
- la performance en endurance est susceptible d’être réduite.
Ces résultats rappellent l’importance d’adapter son allure, son hydratation et ses objectifs lorsque les températures sont élevées.
Courir moins vite lors des épisodes de forte chaleur n’est pas un signe de baisse de forme : c’est une adaptation physiologique parfaitement normale.
Référence scientifique : Mougin, Macrae, Henderson, Cable, Taylor, James, Mears. Running in the heat similarly reduces lipid oxidation and peak oxygen consumptionin trained runners and inactive individuals. Journal of Applied Physiology (1985), 2025.

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