En course à pied, la blessure représente pratiquement un passage obligé, comme si ça faisait partie de l’apprentissage. En gros, on court, on se blesse et on apprend ; et ça que l’on soit débutant, coureur régulier ou stakhanoviste de l’entraînement. Cependant, dans ce domaine, la pratique du trail a plutôt bonne presse à l’inverse de la course sur route censée user les articulations et traumatiser les membres inférieurs dans leur ensemble. Voyons ce qu’il en est en réalité !
La pratique trail ne préserve pas des blessures
Près d’un sportif sur deux se blesse au moins une fois chaque année. Et c’est pareil qu’il s’agisse de coureurs sur route ou de traileurs.
On vous avait présenté une étude (1) il y a quelques mois qui était arrivée à la conclusion que la prévalence des blessures chez les traileurs était comprise entre 39,2% et 69,2% sur une période de 12 mois. Grosso modo, cela veut dire qu’un traileur sur deux se blesse chaque année !
On avait aussi parlé de cette recherche (2) qui s’était intéressée à l’incidence, la gravité et la nature des blessures subies par des traileuses sur une année de pratique et qui avait observé une incidence plus importante chez les femmes comparées aux hommes.
Traits psychologiques et blessures en trail
Plus récemment, c’est le lien entre certains traits psychologiques et les blessures en trail qui a était étudié (3) avec l’hypothèse suivante : les traileurs présentant des profils psychologiques caractérisés par un stress élevé, une anxiété précompétitive, une fatigue mentale, un esprit de compétition et une mauvaise qualité de sommeil présentent un risque accru de blessures.
Les paramètres suivants ont été mesurés auprès de 202 traileurs quatre semaines avant la course : stress psychologique, anxiété cognitive et somatique, confiance en soi, fatigue mentale, qualité du sommeil et esprit de compétition.
Lors de la compétition, 11,3% des traileurs, soit 24 athlètes, se sont blessés. Les blessures les plus fréquentes étaient d’origine musculaire (41,7%) touchant principalement le genou (33,3%) et la jambe (20,8%).
Côté psychologique, les coureurs compétitifs présentant un stress psychologique et une fatigue mentale modérés, une faible qualité de sommeil et une faible anxiété se sont beaucoup plus blessés que les coureurs présentant un stress psychologique et une fatigue mentale plus faibles : 21,2% contre 3,2%.
Maintenir un stress psychologique et une fatigue mentale bas semble donc très important dans la prévention des blessures en trail !
Jérôme Sordello
Références :
Rizzo, Vallio, Hespanhol. HealthyTrailsBR – The prevalence of running-related injuries and cramps, and the description of personal and running characteristics in Brazilian trail runners: a cross-sectional study. Braz J Phys Ther. 2024
Goodrum, Viljoen, Kaulback. Incidence, severity, and risk factors for injuries in female trail runners – A retrospective cross-sectional study. Phys Ther Sport. 2024
Gajardo-Burgos, Sánchez, Besomi, Viljoen, Janse van Rensburg, Bascour-Sandoval. Psychological Profile of Trail Runners Associated With Running-Related Injuries: A Prospective Study. Sports Health. 2025

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