On a tous besoin de sens, pour avancer. La quête de sens, c’est ce qui fait bouger l’être humain pour expérimenter la vie.
De manière plus terre à terre, en sport, les raisons sont multiples pour pratiquer : dépense physique, plaisir, santé, socialisation, etc.
Mais nous faut-il nécessairement des défis ou des challenges pour s’investir ?
Non… Jusqu’à un certain point
Courir pour être dehors, courir pour être au contact de la nature, pour se dépenser, pour « kiffer », ne nécessite pas d’un but particulier à atteindre, si ce n’est celui du bonheur, du bien-être. On peut vouloir progresser en enchaînant des sorties plus ou moins difficiles, et être dans le plaisir / l’envie de sentir une progression, un corps qui se renforce, qui répond mieux.
La compétition peut elle aussi un plaisir. Le jeu des places, du mouvement autour de soi, de contexte qui permet de se dépasser, on est aussi dans l’expérimentation de tout cela.
Mais quand on cherche à se tester sur un format, sur une difficulté qui nécessite la mise en place d’un contexte de progression, visant une date précise, là, le challenge prend forme. Il devient nécessaire car dans le quotidien, on fait des efforts, on met en place des actions qui nous permettent d’affronter ce défi. C’est donc un investissement particulier, précis.
Challenge = folies ?
Un challenge devient donc un objectif qui nous demande une stimulation supérieure à ce que l’on peut faire toute l’année pour pratiquer. Doit-on forcément se fixer des objectifs élevés, nettement plus élevés, des choses un peu folles ?
Un but doit rester atteignable pour rester à portée de ce que l’on serait capable de faire en optimisant notre entraînement. Les folies ne sont pas nécessaires. Pour exister, il n’est pas obligatoire de faire des tentatives dingues. Tant que l’on incarne sa propre vie, son propre élan d’être. Aujourd’hui, même sans accomplir de folies, la tentative est déjà sacralisée, même si elle n’aboutit à rien. Incarner ses actions prend tout son sens.
Surtout, attention aux enchères : il n’y a aucune obligation à termes (souvent courts) de terminer un ultra. On peut juste courir des 5, 10 km, des formats de moins de 20 km, kiffer, et vivre des moments d’extase.
Challenges dans le calendrier
Il y a des courses qui s’associent ou des challenges qui se créent pour inciter les coureurs à courir sur leurs épreuves, sur leur secteur, sur un type de formats. L’idée peut être intéressante si elle est suivie et qu’elle fait sens dans le calendrier / les déplacements / les lieux à découvrir.
Le challenge national de trail (image) tente de rallier les coureurs licenciés sur des épreuves labellisées FFA. Cela fait sens pour les organisations qui font l’effort de répondre à un cadre donné par la FFA, et avoir en retour une médiatisation et une participation des coureurs. Cela peut faire sens pour les coureurs qui souhaitent répondre à ce challenge, choisir ces formats de courses, et pour les premiers décrocher les primes associées (de 1000 à 6000 € du top 5).
Mais c’est plutôt l’addition de challenge ou de circuits qui mettent un flou dans le décor. Challenge national, circuit skyrunning, UTMB et autre… Un coureur ne pourra jamais être partout, et les challenges reviendront à ceux qui vont sur les épreuves de bout en bout et répondent à un règlement interne.
Ça, ce sont des challenges personnels à interroger !
M.BERTOS

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