Les symptômes gastro-intestinaux sont fréquents chez les athlètes d’endurance puisque 30 à 65% de ces derniers en seraient victimes (1) avec un pic à la 6ème heure de course et après 12 h.
Chez les marathoniens, ils peuvent également nuire à la performance et au bien-être avec une prévalence de 54 à 83% selon les études (2,3).
Le constat
Plus récemment, une étude (4) a cherché à examiner la prévalence, la gravité et l’influence de l’alimentation sur les symptômes gastro-intestinaux dans cette population chez les coureurs de fond amateurs chinois recrutés via des clubs de course à pied, des organisations communautaires, des associations sportives et des plateformes en ligne.
Au total, ceux sont pas moins de 805 réponses valides qui ont été recueillies via un questionnaire en ligne et hors ligne mené en Chine entre janvier et décembre 2024.
Le questionnaire couvrait six domaines : données démographiques, habitudes d’exercice, stratégies alimentaires, gravité et fréquence des symptômes gastro-intestinaux, facteurs d’influence, et connaissances et attitudes.
Les résultats ont mis en évidence que 26,1% des participants avaient signalé des symptômes gastro-intestinaux pendant les courses, les plus fréquents étant les ballonnements (18,6%), l’envie de déféquer (17,8%) et les douleurs à l’estomac (16,5%).
La prévalence et la gravité des symptômes ont atteint leur maximum au milieu de la course avec une fréquence plus importante chez les hommes (27,9%) que chez les femmes (20,8%) ainsi que chez les coureurs âgés de 34 ans et plus.
Les causes de ses troubles intestinaux
Les facteurs nutritionnels, en particulier les stratégies diététiques avant et pendant la course, ont significativement influencé l’apparition des symptômes. Les aliments riches en lipides, en protéines, en fibres ou en glucides fermentescibles étaient fréquemment associés à des troubles gastro-intestinaux.
Manger dans les 30 minutes précédant une course augmentait le risque de ballonnements et d’envie de déféquer. L’utilisation de gels énergétiques, de boissons pour sportifs et de stratégies d’hydratation était également corrélée à un risque plus élevé de symptômes gastro-intestinaux.
D’autres facteurs contributifs comprenaient des antécédents de problèmes gastro-intestinaux et un volume de course mensuel élevé.
Nos conseils pour éviter ses troubles intestinaux
Les résultats soulignent l’importance d’une planification alimentaire individualisée pour réduire les symptômes gastro-intestinaux chez les coureurs de fond récréatifs et en particulier :
– ajuster l’heure des repas avant la course et prévoir un intervalle suffisant entre le dernier repas et/ou collation et la séance ou la compétition,
– éviter certains types d’aliments avec résidus, les fibres (fruits, légumes), ainsi que les lipides et protéines et privilégier les féculents pauvres en fibres et en gluten (pomme de terre, riz).
– éviter de boire trop froid et/ou trop d’un coup,
– assurer une hydratation précoce avant la course ;
– garder l’eau en bouche quelques instants avant de l’ingérer,
– éviter les boissons trop concentrées,
– limiter la consommation de caféine,
– éviter les anti-inflammatoires,
– faire une cure de probiotiques,
– tester les produits et boissons énergétiques à l’entraînement,
– prendre des pansements gastriques à titre préventif,
– consommer de la vitamine E,
– ralentir son allure ou marcher pendant le ravitaillement.
Par Jérôme Sordello
1- Gil et al. Aetiology of running related gastrointestinal dysfunction. Sport Med. 1998
2- Halvorsen, Lyng, Ritland. Gastrointestinal bleeding in marathon runners. Scandinavian Journal of Gastroenterology. 1986
3- Riddoch, Trinick. Gastrointestinal disturbances in marathon runners. Br J Sports Med. 1988
4- Zhao, Chen, Li, Wen, Zhang, Qiu. Gastrointestinal symptoms among recreational long distance runners in China: prevalence, severity, and contributing factors. Front Nutr. 2025

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