Le sujet est au coeur de l’actu : la vitesse à laquelle partent les dossards.
Quelques jours, quelques heures, voir quelques minutes, tout part en un clin d’oeil, ce qui fait réfléchir sérieusement le petit monde de la course à pied : coureurs, organisateurs, chronométreurs…
On s’est tous fait déborder par le phénomène « running » ! Même la FFA, qui a fait grincer des dents avec son PPS payant… Qui, finalement, ne demande pas beaucoup plus d’efforts qu’avant, même moins, à part ces 5 euros. Tout le monde s’est fait déborder par cette vague de nouveaux sportifs.
Et même si on est à l’heure des réseaux sociaux, quel que soit le biais, on essaie tous de retomber sur nos pattes de coureur à pied. Comment s’inscrire, prévoir en avance ses disponibilités, se motiver, se préparer, quel est notre rapport à la compétition…?
Nous voilà tous en réflexion…
Une dose d’inquiétude en plus
On le dit en plaisantant, mais la course au dossard devient plus compliquée que la course en elle-même. La première inquiétude avant de savoir si l’on va être au départ, c’est de savoir si on va en avoir la possibilité, avec ce satané dossard. L’informatique qui dysfonctionne, la chance (ou pas) du tirage au sort… Et voilà qu’un peu de charge mentale s’imisce avant même de commencer.
La seconde inquiétude, c’est que vu que l’on doit se projeter plusieurs mois en avance, la préparation doit elle aussi se planifier très tôt. Il n’y a pas si longtemps, quand on sentait l’état de forme monter, on programmait sa course quelques fois au dernier moment.
Et hop, une dose d’inquiétude en plus…
Et les inquiétudes s’ajoutent les unes aux autres : connaître le règlement pour savoir quand et comment transférer son dossard (une usine à gaz !), décider si finalement on doit se présenter au départ si jamais l’état de forme se révélait finalement moins bon, se rendre disponible ou trouver une solution au travail ou en famille si jamais les plans devaient changer…
Bref… C’est à se demander si la compétition, ça vaut tant le coup que ça…
Courir pour soi et son propre bonheur
Mais, qui force les gens à s’inscrire ? A se projeter sur des défis ? Ne peut-on pas réaliser une sortie à dénivelé en montagne sans plusieurs centaines de personnes autour de nous, et toute une organisation pour nous assurer le confort ?
Justement, tout le défi du coureur, c’est de chercher l’inconfort pour en vaincre et révéler toutes les qualités que nous avons en nous. Alors, courir nous permet d’affronter ces défis et quelque part de nous révéler, de nous auto-évaluer. Bien sûr qu’on peut avoir envie de montrer avec fierté notre parcours. Mais si le dossard n’est pas là, que nous reste-t-il au quotidien ? Tout le reste en fait. Et puis on peut se mettre au défi, s’évaluer, se dépasser seul.
Bien sûr que le contexte de compétition est unique et c’est aussi pourquoi nous aimons ça !
Mais cette période est peut-être de passage pour qu’on puisse réaliser à quel point on aime la course à pied. Se sentir en bonne santé, puissant et à l’aise dans son corps, une activité quotidienne qui nous fait du bien à la tête et au corps. Courir pour se connecter à notre environnement et à notre animalité en même temps. Notre fil rouge.
En tout cas, cela ne doit pas nous rajouter un stress, qui finirait par remplacer la détente dont c’est le but premier. Choisissez comment vous souhaitez courir, et mener votre barque. Si c’est ok, alors vous pouvez vous adapter à quelques obligations nécessaires pour être présent sur une ligne de départ.
Par M.BERTOS

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