Le cross-country a repris de l’allant depuis plusieurs années, et c’est tant mieux.
A mesure que les runners se sont multipliés, et l’intérêt pour les chronos repartis à la hausse, le cross a retrouvé de l’intérêt. Pourquoi ?
Un arme de plus dans son arsenal
Les analogies sont certes un peu guerrières, mais les cross sont souvent synonymes de batailles épiques, de « couteau entre les dents ».
Et si les traileurs et les coureurs sur route sont revenus sur les labours, c’est qu’ils cherchaient d’autres moyens de progresser, par d’autres stimulations. Aujourd’hui, au même titre que le seuil, la vitesse, la nutrition ou la musculation pour coureurs, le cross peut avoir son intérêt pour challenger ces athlètes et apporter une variété dans l’entraînement.
La polarité, le fait de s’entraîner et de progresser à l’aide de diverses méthodes ou de divers efforts, fait partie du jeu. De plus, pour les traileurs notamment, c’est une période plus creuse en compétitions, les objectifs majeurs se situant plutôt courant de la période estivale.
Le minimalisme du cross
Au sens propre, le cross est d’une simplicité rare : un short, un maillot, des pointes d’athlétimse, et nul besoin de suivre un rythme dicté par une montre. On court à fond ! Avec des nuances tout de même, évidemment, mais l’engagment physique et mental est total.
Au niveau matériel aussi, c’est minimaliste : des pointes de cross, épaisses peut-être d’1 cm, nous ramènent à une gestuelle et une force vraiment terre à terre. La légèreté, le drop et l’amorti zéro font que toute avancée dépend de votre foulée, de votre puissance musculaire, et non pas d’une propulsion artificielle combinée d’un amorti.
En ça, la stimulation physique est supérieure et revêt un intérêt certain pour tout type de coureur. On se renforce en terme de puissance musculaire, tendineuse.
Même sur des allures réduites par le terrain et le sol boueux, la consommation d’oxygène est souvent maximale et la saturation musculaire très poussée.
Une course différente du reste
On recherche aussi un dépassement de soi qui combine l’adversité et la motivation pour une équipe. Pas de recherche de chrono en cross, le but étant de se dépasser.
Ça se joue à la place, et si vous faites partie d’un club, chaque coureur que vous aurez dépassé comptera pour l’équipe. La fraternité est décuplée, le public vous pousse à tout donner.
Souvent courus sur des terrains instables, cela sollicite à la fois le mental (insister quand un appui fuit, repartir de l’avant après un virage…) et toute la chaîne musculo-tendineuse, dans toutes ses dimensions, et dans tous les sens. Courir un cross, dans toutes ses dimensions (physiques, physiologiques, psychologiques) est bénéfique pour trouver des stimulations qui entraînent le progrès.
Outil ultime…?
Faut-il absolument utiliser le cross comme outil « offensif » en vue de sa progression ? N’y a-t-il que du bonus ?
Tous les éléments du cross qui apportent une stimulaton particulière peuvent très bien être inclus dans l’entraînement ! Renforcement sur terrain instable, course soutenue à allure compétition sur sol instable, relances, etc…
C’est le contexte particulier de la compétition qui est à part ! Attention de manière générale à la période hivernale pour les virus, les agressions du froid sur l’organisme, la fatigue pour les défenses immunitaires… S’exposer oui, mais pas « à tout prix » pour s’endurcir.
Attention aux charges de travail continues dans l’année. Attention aussi à la course sur sol instable, en pointes : toute nouveauté ou contrainte doit être emmenée de manière progressive, sinon c’est la blessure ! Et recommencer ses efforts après une interruption prend du temps… Il vaut mieux décéler de sa propre initiative avant que l’on n’y soit contraint.
Donc, ok pour le cross, sans obligation !
Par M.BERTOS / Photo : FFA

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