L’ultra-trail connaît un succès grandissant et, chaque été, les épreuves longues distances attirent des milliers de coureurs en quête de défi.
Mais derrière la performance se cache une réalité physiologique impressionnante : la dépense énergétique et les besoins hydriques explosent au fil des kilomètres.
Après avoir évoqué l’impact de différentes stratégies d’hydratation lors de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB), une nouvelle étude scientifique s’est intéressée à un autre aspect essentiel de la performance en ultra-endurance : combien de calories un coureur dépense-t-il réellement sur un ultra-trail de 161 km et parvient-il à compenser ces pertes ?
Plus de 15 000 calories dépensées pendant un ultra-trail de 161 km
Une étude publiée en 2025 a suivi deux athlètes masculins engagés sur un ultra-trail de 161 kilomètres.
Les chercheurs ont mesuré leur dépense énergétique totale, leurs apports nutritionnels et leur consommation de liquides pendant la course, mais également durant les sept jours suivant l’épreuve.
Les résultats donnent une idée de l’exigence physiologique d’un ultra-trail :
- Coureur n°1 : 15 723 kcal dépensées en 32 h 48 min ;
- Coureur n°2 : 15 888 kcal dépensées en 32 h 48 min.
Cela représente plus de :
- 11 225 kcal sur une période de 24 heures pour le premier athlète ;
- 11 293 kcal sur une période de 24 heures pour le second.
À titre de comparaison, un adulte consomme généralement entre 2 000 et 2 500 kcal par jour.
Les apports énergétiques restent largement insuffisants
L’un des enseignements majeurs de cette étude est que les deux coureurs n’ont compensé qu’environ 50 % de leur dépense énergétique pendant l’épreuve.
Malgré une stratégie nutritionnelle adaptée, il semble donc pratiquement impossible de couvrir l’intégralité des besoins énergétiques lors d’un ultra-trail de cette durée.
Ce déficit énergétique considérable explique en partie :
- la fatigue progressive ;
- la baisse des performances en fin de course ;
- l’importance de l’alimentation et de la récupération après l’épreuve.
Hydratation en ultra-trail : des besoins qui explosent
Les besoins en liquides se sont également révélés particulièrement importants.
Pendant la course, la consommation totale de boissons a atteint :
- 21,8 litres pour le premier coureur ;
- 15,7 litres pour le second.
Ces chiffres illustrent à quel point la gestion de l’hydratation constitue un élément central de la performance en ultra-endurance, notamment lorsque les conditions climatiques sont chaudes.
Une récupération qui se poursuit bien après la ligne d’arrivée
L’étude montre également que l’impact métabolique d’un ultra-trail se prolonge plusieurs jours après la course.
Au cours des sept jours suivant l’épreuve, la dépense énergétique totale a encore atteint :
- 22 634 kcal, soit 3 245 kcal par jour pour le premier athlète ;
- 19 116 kcal, soit 2 721 kcal par jour pour le second.
Concernant l’hydratation post-course, les besoins sont eux aussi restés élevés :
- 41,8 litres consommés en sept jours pour le premier coureur ;
- 24 litres pour le second.
Ce qu’il faut retenir sur la nutrition et l’hydratation en ultra-trail
Cette étude met en évidence la difficulté de répondre aux énormes exigences énergétiques d’un ultra-trail de 161 km.
Même chez des athlètes expérimentés, les apports énergétiques ne permettent pas de compenser totalement les dépenses engendrées par l’effort.
Ces données rappellent l’importance :
- d’une stratégie nutritionnelle bien préparée ;
- d’une gestion rigoureuse de l’hydratation ;
- d’une récupération adaptée dans les jours qui suivent l’épreuve.
En ultra-trail, la performance ne se joue pas uniquement sur les sentiers. Elle se construit également dans l’assiette, le bidon… et durant toute la semaine qui suit l’arrivée.
Référence : Creer, Kelly, Rosales, Levanger, Hart, Schoeller, Shriver, Thomas, Ruby. Total Energy Expenditure and Intake During a 161-km Mountain Ultramarathon. International Journal of Sports Physiology and Performance, 2025.

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